13 avril 2019

Résumons la réforme du lycée

Le ministre : Elèves de seconde, faites ce qui vous plait avec les spécialités.

Les parents : On n’y comprend rien.


Les profs : On voudrait bien vous expliquer mais plein de trucs ne sont pas clairs.


Les chefs de bahut : Pas de panique ! Tout va bien se passer. 


Les élèves qui prennent le ministre au mot : Moi je veux arts appliqués.


Les profs principaux : Tu confonds, ça c’est la 1°STD2A mais c’est hyper sélectif.


Les élèves : Ah, alors je prends arts, anglais et SVT.


Les profs principaux : Il va falloir changer de lycée alors.


Les parents : Pas grave ! Il y aura un emploi du temps aménagé pour qu’il aille dans l’autre lycée.


Les profs principaux : Ah non, c’est impossible. Demandez confirmation au chef d’établissement.


Les chefs de bahut : On peut pas vous dire mais ce sera compliqué. Il doit partir ailleurs.


Les élèves : Mais je ne veux pas partir. Ils sont ici tous mes copains…


Les PsyEN : Alors, tu as un lycée à 30 km de chez toi avec la spécialité Arts…


Les parents : Mais il y aura un moyen de transport pour y aller au moins ?!


Les chefs de bahut : Ah ?! Jamais entendu dire ça.


Les profs principaux : De toutes façons, tes résultats ne vont pas te permettre d’avoir cette spécialité car la priorité est aux élèves du lycée d’accueil et puis après aux meilleurs dossiers.


Les parents : Mais pourquoi on ne l’a pas dit avant qu’il fallait aller ailleurs dès la Seconde ?


Les profs principaux : Parce qu’on ne le savait pas.


Les éditorialistes : Le ministre est vraiment très populaire car il fait enfin bouger les choses à l’Education nationale.


Les élèves : Bon, ben, je vais rester ici alors… Je vais prendre Anglais, Allemand et SVT.


Les chefs de bahut : Ah non, tu ne peux pas prendre deux spécialités de langue. Et puis de toute façon, on n’a pas l’Allemand.


Les élèves : Mais je fais de l’Allemand depuis la 6ème.


Les PsyEN : Ben oui, mais c’est comme ça.


Les profs d’HG : Et les épreuves du nouveau bac ?


Les IPR : On ne peut rien vous dire pour le moment.


Les profs de SVT : Et pour les questions sur la sexualité que les élèves ne feront pas.


Les IPR : Faites preuve d’initiative pédagogique. Chamboulez le programme de Seconde d’ici juin.


Les profs de maths : Mais on y est ou pas dans l’enseignement scientifique ?


Les IPR : Non.


Le ministre : Si.


La députée qui a changé 5 fois de parti et qui sait tout mieux que tout autre : Bien sûr que oui. C’est le ministre qui me l’a dit.


Le ministre : Ah ! Vous voyez ! Donc, chers élèves, venez avec moi pour les photos dans le JDD dimanche prochain et après choisissez vos spécialités et commencez à préparer vos lettres de motivation pour Parcoursup.


Les élèves : D’accord, je prends Anglais, SES et SVT. J’aime bien étudier les gens.


Les profs de SES : Alors, oui, mais en fait, on fait surtout de l’économie. La socio, il y en a toujours mais c’est quand même plus trop ça.


Le ministre : N’écoutez pas, ils ne disent que des bobards. Fais ce que tu veux, gamin !


Les chefs de bahut : Oh mais je vois que tu n’as pas pris les maths. C’est une erreur grave…


Les élèves : Ben, justement, j’aime pas les maths ! Depuis toujours !


Les chefs de bahut : C’est pas une raison. Tu vas prendre les maths. A la place de la SVT.


Les élèves : Mais j’aime pas les maths et j’aime la SVT. Et le ministre a dit…


Les parents : Oui, le ministre a dit…


Les chefs de bahut : Il l’a dit mais chez nous, ce n’est pas possible. Il faut prendre les maths pour réussir.


Les profs de maths : Alors le nouveau programme est plus lourd que l’ancien de S. Donc ce sera difficile car il n’est pas au niveau.


Les élèves : Ah, vous voyez… Et j’aime pas les maths !


Cédric Villiani : Les maths c’est super et la réforme est super. Tout ce qui est dedans est vraiment très facile. Je le sais, j’ai tout compris.


Les parents : Bon, ok pour les maths. Ils ont raison, c’est important. Prends-les un an et tu abandonneras en fin de première.


Les profs principaux : Attention, il y aura une épreuve de maths en fin de Première.


Les élèves : Qui comptera pour le Bac ?


Les chefs de bahut : Ben oui. Ce sont des spécialités pour le bac, c’est normal que ça compte pour le bac.


Les parents : Mais ça a été dit ça ? On n’en a jamais entendu parler.


Les chefs de bahut : Ah, nous on était au courant.


Les profs : Pas depuis le début…


Les chefs de bahut : Si, si…


Les profs : De toutes façons, personne ne nous écoute. Cela fait un an et demi qu’on prévient.


Les éditorialistes : Les profs ne pensent qu’à augmenter leur salaire. Salauds de gauchistes !


Les parents de la PEEP : Le ministre, enfin voilà un homme qui sait ce qu’il faut faire !


Les parents de la FCPE : Euh, vous nous dîtes quand on peut commencer à dire qu’on n’est pas d’accord.


Les profs : Pour démissionner c’est où ?


Les syndicalistes de terrain : Allons, allons, on va mener des actions. On va mettre 20 à tout le monde.


Les élèves : Chic, chic, chic, je vais l’avoir ma spécialité Arts alors.


Les chefs de bahut : Non, non, ils n’ont pas le droit de faire ça et s’ils continuent, le ministre viendra leur donner la fessée devant les caméras de CNEWS, BFMTV et LCI.


Les élèves : Trop dég…


Les CPE : Tu veux deux heures de colle pour manque de respect ?


Les éditorialistes : Oh oui, chic ça la fessée ! Ca changera des gilets jaunes.


Les parents : Et sinon, le Bac il se passe comment maintenant ? On veut dire, après la réforme ?


Les profs : Ca commence dans dix mois.


Les élèves : Hein ?! Quoi ?!


Les parents : Mais c’est bientôt !


Les profs : Ben oui !


Les parents : Mais pourquoi vous le disiez pas ?


Les profs : On l’a dit mais personne ne nous écoute. On est comme des cheminots sauf qu’on n’a pas la retraite à 55 ans.


Les éditorialistes : Pour ce que vous bossez !… Feignasses !


Les sondeurs : Ah oui ! Des feignasses ! 78 % des Français le disent.


Les éditorialistes : Ah ! Vous voyez !


Les sondeurs : Mais 65 % disent qu’ils aiment les profs…


Les profs : Ah quand même !


Les sondeurs : … quand ils mettent des bonnes notes.


Les CPE : Nous, ils disent comme le dernier rapport officiel ? Qu’on ne fait pas nos 35 heures alors qu’on bosse matin, midi et soir très tard ?


Les sondeurs : On ne va pas faire un sondage sur un rapport officiel. On n’a pas que ça à foutre.


Les éditorialistes : Vivement qu’on privatise !


Les élèves : Mais je ne sais toujours pas ce que je prends moi. Maths, puisque c’est au choix mais que je dois le prendre… SVT parce que j’aime… Anglais parce que c’est utile.


Les chefs de bahut : Et ton quatrième vœu ?


Les élèves : Quel quatrième vœu ?


Les profs principaux : Celui qu’on te donnera si tu n’as pas un des trois premiers.


Les élèves : Mais j’ai choisi mes trois premiers.


Les profs principaux : Mais il n’est pas sûr que ça rentre dans les emplois du temps.


Les élèves : Mais si je veux pas le quatrième ?


Les chefs de bahut : Tu l’auras quand même. Surtout si tu n’es pas assez bon pour faire une des trois spécialités que tu as choisies.


Les élèves : Mais je suis nul en maths ! Je l’aurais pas alors ! Chouette !!!


Les chefs de bahut : Non, tu auras les maths. Pas forcément les SVT.


Les élèves : Mais je veux faire de la SVT !


Les chefs de bahut : C’est comme ça. Tu n’avais qu’à bosser en maths.


Les élèves : Alors, je vais mettre les maths en quatrième vœu et la SVT en premier.


Les psyEN : Stratégiquement, ce n’est pas une bonne idée. Tu risques de ne pas avoir SVT et de te retrouver à devoir aller faire des maths dans un autre lycée.


Les élèves : Ah mais non !


Les psyEN : Il y a justement un lycée avec la spécialité maths où il va rester quelques places. Mais ils n’auront pas maths complémentaires en terminale si tu abandonnes les maths.


Les parents FCPE : Je me demande si c’est pas une usine à gaz ce truc…


Les éditorialistes : La fédération des parents gauchistes, on la connait. Toujours contre tout.


Les profs : Puisqu’on vous dit que c’est le bazar ! Même nous, on ne comprend pas tout.


Le ministre : On pourra changer de spécialités quand on voudra.


Les profs : Mais non, c’est pas possible.


Les éditorialistes : Mais si c’est possible !


Le Figaro : Mais si c’est possible et c’est génial !


Le Point : Encore une annonce du ministre qui montre la souplesse de la réforme.


Libé : Le ministre ne va-t-il pas trop vite ?


L’Humanité : C’est la lutte finale ! Groupons-nous et demain, on pourra avoir un minibus pour amener les élèves dans un autre bahut.


La ministre du supérieur (qui a des airs assortis à son domaine ministériel) : Et n’oubliez pas Parcoursup, hein c’est important. Il a déjà fait sa lettre de motivation, votre enfant ?


Les élèves : Non… Parce qu’il faut être motivé en plus du travail qu’on a à faire ?


Les parents : Je crois que cette réforme va handicaper notre petit chéri.


Les élèves : Oh oui, parce que je voulais faire SVT et pas faire maths.


Les parents : On va te mettre dans un privé pas sous contrat. Comme ça tu feras ce que tu veux.


Les profs : Mais non !


Les parents : Mais si !


Les profs : Mais vous tuez l’Ecole publique !


Les parents : Mais non, c’est vous ! Ils l’ont dit sur BFMTV !


Le ministre : Enfin, la voix de la raison se fait entendre.


Les parents, les profs, les chefs: Et le post bac dans tout ça? Parce que ce qu’ils vont choisir en seconde impacte les possibilités d’orientation après la terminale.


Le ministre: Mais non !


Le post bac: Pour le reste, on sait pas trop mais faut prendre maths !!!!!!!!


Les parents et l’élève: Alors on peut pas prendre ce qu’on veut comme a dit le ministre 😱😱😱😱😱


Les profs : Et merde !… On est fatigués !… Et en plus j’ai trois paquets de copies à rendre pour lundi...

 

Post-scriptum : Toute ressemblance avec des personnages ou des situations existant ou ayant existé depuis quelques mois ne serait pas un hasard mais bien la preuve que tout ce qui précède est totalement vrai et garanti sans bobards ni même exagération…
(D’après une idée originale de Misterblueskyblog)

Posté par seuleseulesseule à 14:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]